A la fin du 19ème et au début du 20ème siècle, beaucoup de Piémontais sont venus travailler en Provence.
Comment auraient-ils pu imaginer, eux que l’on traitait de « sale babi », que leurs descendants seraient un jour « gens d’ici » ?...
Au début, ils travaillaient comme saisonniers, et une fois la saison terminée, ils s’en retournaient chez eux. Chez eux, c’était dans la vallée d’Ellero, à Lurisia, à Boves, à Roccaforte, à Cuneo ou encore à Mondovi. Ils étaient souvent originaires de hameaux qui, parce qu'ils n'étaient occupés que par une seule famille, portaient le nom de cette dernière. A présent, ces hameaux sont des villages, mais ils s’appellent toujours Rastello, Dho, Magnaldi...
Là-bas, c'étaient des petits paysans, bien trop pauvres pour espérer en un quelconque avenir. A Cuges, les forêts leur fournissaient du travail : ils étaient charbonniers ou bûcherons. C'est eux également qui récoltaient les « fascines » alimentant les fours des boulangers marseillais.
Peu à peu, ces émigrés saisonniers se sont définitivement fixés en Provence, où leurs conditions de vie, quoique difficiles, étaient relativement meilleures que chez eux. Pour autant, ici, ils ont travaillé rudement. Ils ont largement contribué au maintien de l'économie locale, à une époque où se faisaient déjà sentir à Cuges les premiers effets de la désertification rurale.
Ils s’appelaient Rastello, Dho, Basso, Roatta, Prève, Percivalle, Magnaldi, Marengo, Milési... Certains de ces noms n’existent plus car les filles se sont mariées et sont devenues mesdames Fabre, Genevet, Roux, Martin, ou bien encore Espanet ou Jourdan.
A lire pour plus de détails :" Storie di emigranti", livre publié par l’association culturelle Artüsin (www.artusin.it).