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- le battage, réalisé manuellement à l'aide d'un bâton ou d'un fléau (l'escoussau provençal).

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Dossier :
Aires de battage ou aires de foulage
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Quand les blés sont coupés, le travail du moissonneur est loin d’être terminé. Il faut encore porter les gerbes sur l’aire pour y séparer le grain de l’épi.

Les techniques employées ont évolué au cours du temps et ont pris différentes formes selon les régions et les pays :                                   

- le dépiquage ou foulage, (obtenu par piétinement humain ou animal).

Ainsi donc, si aires de battage et aires de foulage ont eu le même usage, elles n’ont pas été utilisées de la même manière, et peuvent avoir été aménagées différemment. Dans le sud de la France, en Provence notamment, c’est le foulage (cauco) sous les pattes de l’animal qui a été prédominant.

Certaines aires étaient en terre battue.

Avant de procéder à l’égrenage, on préparait l’aire de manière à aplanir la surface et à durcir la terre. On arrosait le sol, on étendait de la paille, et l’on faisait tourner ensuite une bête de somme pour tasser le tout. Sous l’effet du soleil, de la chaleur, du poids de la bête, la surface de l’aire durcissait.

Les aires caladées, c’est-à-dire pavées de pierres, étaient plus coûteuses, mais dégageaient moins de poussière et demandaient moins d’entretien. La plupart étaient circulaires, mais on a également retrouvé des aires rectangulaires.

La pose de rayons en pierres (raidisseurs) permettait de maintenir d’autres pierres, plus petites, calées et bien serrées entre elles. Les raidisseurs assuraient la cohérence de l’ensemble et sa stabilité.

Les aires étaient toujours installées en plein soleil, car la chaleur et la sécheresse faisaient éclater les épis plus facilement.

Une fois amenées sur l’aire, les gerbes étaient étalées et disposées en cercles successifs, « tête en bas » pour que les épis reposent sur le sol.

Avec l’introduction du « barrulaire », ce principe traditionnel va connaître au 19ème siècle une notable amélioration.

Le paysan, debout au centre de l’aire, armé d’un fouet, faisait tourner les bêtes en les guidant. Ce pouvait être des bœufs, mais ici, c’était des chevaux ou des mulets, dont le trot plus rapide permettait de gagner du temps.

Les bêtes avaient les yeux bandés, déjà pour les protéger d’une poussière particulièrement irritante, mais aussi pour qu’ils n’aient pas l’idée de partir tout droit… Plusieurs bêtes pouvaient être attelées ensemble. Ainsi piétinés par l’animal, les épis éclataient et libéraient le grain.

Tandis que les bêtes tournaient, plusieurs batteurs se plaçaient en bordure de l’aire. Armés de fourches en bois à trois dents, ils repoussaient sous les sabots des bêtes la paille incomplètement brisée et les épis non éclatés.

Il s'agit d'un rouleau en pierre d’environ 60 cm de diamètre, pesant entre 150 et 200 kg, et de forme légèrement conique. Sa surface est cannelée ou striée, de manière à préserver les grains tombés au sol.

Le barrulaire est attelé au cheval ou au mulet, souvent avec une limonière dont les brancards sont largement courbés pour que l’attelage suive mieux l’arrondi de l’aire.

En parallèle à l’utilisation du barrulaire, l’aménagement de l’aire est perfectionné : un mât en bois (pau), haut d’environ deux mètres, est planté en son centre. On installe au sommet de ce mât une bobine, appelée tourniquet, autour de laquelle peut s’enrouler une cordelette, plus longue que le rayon de l’aire.

Cette cordelette est attachée à la bride gauche de la bête. Celle-ci, en tournant sur l’aire, enroule la corde sur la bobine, ce qui, au bout de plusieurs tours a pour effet de raccourcir sa longueur et de rapprocher la bête du mât. Une fois que le cheval est proche du centre, la bobine est retournée afin qu’elle se déroule en sens inverse : le cheval repart de l’intérieur vers l’extérieur. Ainsi, de tour en tour, la surface entière de l’aire se trouve progressivement piétinée.

Au fur et à mesure que les grains se détachent de l’épi, la paille est tirée vers l’extérieur. Le grain libéré est quant à lui repoussé au pied du mât par les batteurs qui tournent en même temps que l’animal.

Hommes et bêtes continuent ainsi leur « ronde » sans discontinuer jusqu’à la tombée de la nuit, avec juste quelques pauses pour s’abreuver, ou au moment du repas. Il a été calculé que, chaque jour de foulage, chevaux et mulets parcouraient entre 60 et 70 Km …

Le travail à l’aire, exécuté en plein soleil et dans une poussière indescriptible, était un travail pénible aussi bien pour l’homme que pour les bêtes, un travail qui se poursuivait des jours durant, voire pendant plusieurs semaines.

Certaines aires ont sans doute été moins « sophistiquées » et ont pu fonctionner sans mât ni tourniquet, comme on le voit ici (Fête des moissons 2009 au Revest du Bion).

Mais au terme de l’opération de foulage, les grains de blé libérés ne sont pas encore prêts à être mis en sac… Ils sont en effet mélangés avec des brins d’épis, de paille brisée ou d’herbe. Au foulage, succède donc le vannage, pendant lequel le grain est passé au crible. 

Jusqu’au 19ème siècle, ce travail était celui des femmes qui secouaient le van rempli de blé. Les éléments légers comme la paille s’envolaient, un travail facilité par les courants d’air, ou mieux encore par le vent.

L’arrivée de la tarare, mieux connue sous le nom de « ventaire » ou « ventarelle » a été un progrès. Elle fonctionnait en utilisant les mêmes principes que le vannage manuel.

En son sommet, une goulotte permettait d’alimenter la machine, suivait une grille pouvant se balancer à l’horizontale, et enfin le tambour. A l’intérieur du tambour, plusieurs pâles, que l’on faisait tourner grâce à une manivelle, brassaient l’air et l’envoyaient sous la grille : le grain nettoyé sortait à l’arrière de la machine, tandis que les déchets étaient éjectés dans un petit sac... Ils faisaient le bonheur des poules qui s’occupaient de trier ce qui les intéressait…

Si la ventarelle permettait de gagner du temps, elle ne diminuait pas la fatigue, car faire tourner la manivelle demandait des efforts, aussi bien pour lancer la machine que pour maintenir la vitesse. C’est toutefois un travail qui était souvent confié aux enfants qui se souviendront leur vie durant du bruit infernal de la ventarelle et de la poussière dégagée !...

Les aires de Cuges

Au cadastre, les aires, qu’elles aient été utilisées pour le battage ou pour le foulage des blés, ont fait l’objet d’une classification particulière.

Certaines aires étaient la propriété d’une seule famille, tandis que d’autres se partageaient entre plusieurs propriétaires.

Mais, en ce cas, si l’aire était effectivement exploitée en commun, les propriétaires n’étaient pas indivis : chacun d’entre eux possédait une partie de la totalité, comme le montre le plan ci-dessous, extrait du cadastre napoléonien.

Aire du Portelet

L'aire est divisée en plusieurs petites parcelles, appartenant chacune à un propriétaire différent.

Plusieurs aires de battage ou de foulage fonctionnaient encore au vingtième siècle. Ont ainsi été recensées les aires suivantes :
1 : Aires de Coudoune (deux aires contigües))
 2 : Aire de David
 3 : Aire de Tornatori
 4 : Aire de Couranié (=Cros Reynier)
 5 : Aire du  Portelet
 6 : Aire de Maurric
 7 : Aire de Féfé
 8 : Aire de Cuque
 9 : Aire de Cagot
10 : Aire St-Dominique
11 : Aire des Mûriers
12 : Aire de Marc
13 : Aire de Tistet
  
A cette liste, il convient d’ajouter l’aire de foulage située au quartier du Colombier, dont l’existence est attestée par cette carte postale.
A noter également qu'il existe dans les collines de Cuges un quartier dit « des Escoussau ». Ce toponyme fait actuellement l’objet de recherches de notre part.
Ce dessin est extrait d'une documentation publiée par le Parc Régional Naturel du Verdon, à découvrir ici !